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Installé avec son épouse Karolle dans une bâtisse aux mille couleurs cachée au cœur de Metz, Patrice Ragni aurait pu profiter de sa retraite de professeur d’éducation physique. Il aurait aussi pu se contenter d’entraîner son groupe de sprinteurs, à la Halle l’hiver, au Stade Dezavelle l’été, avant de rentrer cultiver tranquillement son jardin.
Sauf qu’amoureux des États-Unis jusqu’au bout des ongles, l’ancien conseiller technique régional a choisi de recycler les notes d’un périple outre-Atlantique retranscrites à la fin de l’été 1970 par une secrétaire de l’agence de Longwy du Républicain Lorrain. C’est ainsi qu’est né De Fay Drive à Karolle , récit édifiant de 13 000 km d’auto-stop à travers le début des seventies, avec seulement 90 dollars en poche. Et l’athlétisme, bien évidemment, toujours en arrière-plan de ce carnet de route richement fourni.
« J’étais un jeune étudiant de 20 ans, athlète de 400 m qui courait après le record de Lorraine et qui se pensait révolutionnaire parce qu’il avait lancé des pavés en mai 68 , explique l’auteur. Et puis j’ai vu à la télévision le podium du 200 m où Tommy Smith a levé le poing en signe de protestation contre la ségrégation des noirs dans son pays. Je me suis dit tout de suite : ce qu’il fait est gigantesque, il faut que je retrouve ce type. »
C’est ce geste de lutte qui a poussé Patrice Ragni à prendre son baluchon, un billet de train Longwy-Paris puis un avion vers New York pour retrouver un athlète qu’il finira par rencontrer des dizaines d’années plus tard, en stage avec l’équipe de France d’athlétisme. Là-bas, plutôt que Smith, Ragni a rencontré une culture aux antipodes de la sienne, s’est frotté les yeux devant les enseignes géantes de Times Square avant de traverser le pays d’est en ouest le pouce levé.
Contraint de reprendre ses études à Nancy dès le mois de septembre 1970, Ragni pose ses notes au fond d’un tiroir jusqu’en 2011, année où il recroise la route de ses amis américains au détour d’un voyage : « Cela faisait quarante ans que je n’étais pas allé à Fay Drive, je sonne et je tombe sur un jeune homme de 30 ans. Impossible que ce soit mon ami. Il me dit que les anciens propriétaires sont morts et me donne l’adresse de leur fils, Tom, qui habitait dans la banlieue de Philadelphie. Je toque cette fois, il ouvre et me saute dans les bras. C’est lui qui m’a pris en stop, un soir, et ses parents m’ont nourri et logé. Il est venu me voir à Metz il y a peu et m’a dit que c’était le destin qui voulait que je rentre finalement en France. »
Quelques semaines après son retour, Patrice Ragni croisait en effet dans les couloirs de la fac une certaine Karolle. Sa femme depuis quarante ans et le dernier mot de son récit.
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